Le projet

Par: Martine Hubert
Publié le: 2007-07-02
Dernière mise à jour: 2007-07-02

Le trajet

Les trois Amériques, de l'Alaska à la Terre de Feu en suivant en grande partie la côte Ouest, environ 25 000 km entre le début juillet 2007 et la mi-août 2008.

Je me présente

J'ai grandi à Montréal et j'habitais à Lévis avant de partir trottiner. Mon premier voyage de cyclotourisme date de 1982. J'en suis à mon 15e voyage à bicyclette d'un mois et plus.Martine Hubert

Mordue de plein air, j'aime partir loin, longtemps, en canot, à ski, à vélo. Ces dernières années, je suis souvent partie en longue randonnée à ski en solo en adoptant la prudence et le jugement qu'il faut parce qu'une situation peut se compliquer vite au froid. Ça m'a permis de réfléchir sur la marge de manœuvre qu'on doit conserver pour qu'une expédition reste sécuritaire.

À 45 ans, je pars un petit peu hypothéquée physiquement de certaines séquelles résultant de blessures subies plus jeune – ça ne m'a pas empêchée de faire mes derniers voyages même si un genou m'inquiète quelquefois avant de partir  - et avec un œil opéré trois fois qui est sensible et irritable parce qu'il est difficile d'y ajuster un verre de contact.

En 2006, je suis allée pédaler deux mois, en Amérique du Sud (Argentine, Bolivie et trempettes au Chili, au Paraguay et au Brésil). C'était l'occasion de : découvrir et apprivoiser ce que c'est que de voyager dans ces pays aux cultures si différentes de la mienne, pratiquer mon espagnol de débutante, tester un nouveau setup de vélo monté pour des routes moins carrossables que mon vélo habituel, expérimenter la haute altitude et réfléchir à mon intention de faire ce prochain voyage en décidant si j'allais traverser l'Amérique Centrale qu'on m'a décrite comme moins sécuritaire.

Quand je pars longtemps - les trois dernières fois, je suis partie deux mois - le vélo en vient à faire partie de mon identité. Pour les gens que je rencontre, je suis la fille qui est partie loin, longtemps, avec un vélo très chargé !

Mon autre vie

Technicienne en architecture depuis 1981, je suis devenue architecte en 1993. J'ai pratiqué pendant vingt ans dans des bureaux d’architectes avant de commencer à enseigner la technologie de l’architecture au Cégep de Lévis-Lauzon.

Pendant les quatre dernières années, j'ai été coordonnatrice du département dans le contexte de la révision du programme, du renouvellement du corps professoral et d'une augmentation importante du nombre d'étudiants.

Impliquée dans le mouvement coopératif en habitation depuis 1983, j'ai été présidente de la FÉCHAQC pendant les quatre dernières années et présidente de CQCH la dernière année avant mon départ. Je demeure administratrice de Abri International, le programme de développement international du secteur de l’habitation coopérative et du logement social au Canada.

Tout ça m'a tenue très occupée. Avant de partir, j'ai eu à transmettre toutes sortes de relais. Je suis très contente des courses que j'ai accomplies.

Mon approche

Pour moi, le vélo, c'est la meilleure façon de voyager pour rencontrer les gens et prendre le pouls d’une région. En voyageant à vélo, on n'arrive pas avec arrogance quelque part et on n'est pas perçu comme tel; on est plus souvent perçu comme de la grande visite que comme un "touriste". On se mesure soi-même en même temps qu'on a l'impression de mesurer un pays.

Malgré la longueur et les difficultés du parcours, ce n'est pas vraiment la réalisation d'un défi qui me motive - j'ai dépassé la période où j'avais des choses à me prouver. Je pars plutôt pour : l'expérience de vie, apprendre et essayer de comprendre les réalités d'ailleurs, cheminer moi-même en sortant de ma limite de confort, continuer mon apprentissage de citoyenne plus consciente de ce monde.

En 2004, en arrivant à Bar Harbour, au terme de ma première traversée des États-Unis, j'ai réalisé avec émotion que si j'étais en train de terminer une si grande entreprise, c'était grâce à la combinaison d'un ensemble d'éléments : j'avais considéré chaque journée et chaque étape une par une tout en gardant une vision de l'ensemble du parcours, j'avais pratiquement toujours pris de bonnes petites et grandes décisions, j'avais réussi à faire une saine gestion de mes émotions tout en gardant une attitude positive et déterminée et, j'avais probablement eu un peu de chance…

Évidemment, j'ai quelques appréhensions en rapport avec la sécurité de rouler en solo à certains endroits. Je vais décider de la façon d'aborder ces sections au fur et à mesure. Malgré toutes les précautions, des peurs, j'en vivrai sûrement quelques unes - ça fait partie de la vie.

C'est donc avec beaucoup d'humilité que j'entreprends ce voyage. L'itinéraire est un projet qui se réalisera si tout va bien. Je sais que malgré la meilleure préparation et la plus grande prudence, on ne peut pas tout contrôler. Quel que soit le parcours accompli, la réussite se mesurera par le fait d'avoir cheminé et appris.