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Choc culturel

Par: Martine Hubert
Publié le: 2007-10-14
Dernière mise à jour: 2007-10-14


Lors de la préparation de ce voyage, je voulais me réserver des découvertes et éviter d’aborder le voyage avec des idées préconçues. Ainsi, je ne suis pas allée voir de conférences de cyclistes ayant fait des parcours semblables et je n’ai pas lu en détail sur les pays que j’allais visiter.

J’ai donc éprouvé un certain choc culturel lorsque je suis passée par Tijuana et la Baja California du nord. Ce n’est ni la pauvreté, ni une certaine misère qui m’ont surprise. C’est la quantité de déchets que les gens laissent en bordure des routes, en grande partie lancés à partir de véhicules. Comme si les gens avaient si peu de fierté que cela ne les dérangeait pas de rouler dans un dépotoir linéaire. J’ai posé la question à quelqu’un. Il m’a répondu que c’était la faute du gouvernement qui n’avait pas de service de nettoyage des bords de la route…

Aussi, c’était plutôt stressant, sur des routes étroites, de me faire frôler par les véhicules dans une circulation intense. En plus, je me suis fait emboucaner par des nuages noirs de gaz d’échappement. C’est à croire que certains ont déconnecté volontairement leur système anti-pollution, y compris les autobus municipaux.

Au moins, plus on descend au sud, moins les routes sont fréquentées, le phénomène des déchets et de la circulation s’estompe.

 

Il fait chaud

Je suis revenue de mes émotions en en vivant de nouvelles en retrouvant une nature qui s’est imposée par la traversée de plusieurs déserts de cactus, ou de broussailles.

Tout le temps que j’ai suivi la côte Ouest, l’océan Pacifique jouait un rôle en tempérant le climat. Au centre de la péninsule de Baja California, ça devient plus chaud ainsi que du côté de la mer de Cortez : j’y ai rencontré des 38 à 42ºC !

Durant cette dernière semaine, les distances entre les points d’eau ont varié souvent entre 50 et 138 km. Les distances ont été encore plus grandes entre les endroits où il était possible d’acheter de la glace pour garder l’eau froide de façon à m’aider à maintenir ma température corporelle. Les montées faisaient grimper ma température corporelle sans beaucoup de possibilité de refroidissement autre que de boire de l’eau froide. Le grand défi était de planifier chaque journée en stockant assez de glace (qui se transformerait en eau) et de faire durer cette glace/eau suffisamment pour la distance à parcourir jusqu’au prochain point d’eau (quelquefois un seul par jour) en sachant qu’en grimpant en montagne, il faut compter avec le poids de l’eau (jusqu’à 11 kg) et que je doive boire plus pour abaisser ma température. À plusieurs reprises, j’ai marché à côté de mon vélo pour éviter de surchauffer et pour économiser mon eau.

Mon matelas autogonflant s’est transformé en un gros thermos en étant enroulé autour de mon réservoir d’eau de 10 litres. Quand je dors sur mon matelas, mon sac de couchage sert de glacière en recouvrant mes contenants d’eau.

La journée de 138 km entre Loreto et la Ciudad Insurgentes, qui commençait avec un 38 km de rudes montées pour franchir la Sierra  Gigante sans autre point d’eau par la suite, m’a semblée tellement insurmontable que j’ai jugé plus sage de prendre un bus. Ça a été l’occasion de belles rencontres et de côtoyer les mexicains dans une autre facette de leur quotidien.

En arrivant hier à Mazatlán, j’abordais l’humidité de 100% et la chaleur (je dois m’attendre à des 32ºC) de la côte avec un peu d’appréhension. C’est le climat tropical qui débute pour vrai (incluant les gros insectes) et ce sera bientôt la jungle. On me dit que c’est aussi côteux que la Californie. Moi qui suis une fille du nord, confortable au froid, comment vais-je m’adapter ?

Hablar espanol

Pas de problèmes d’adaptation avec les mexicains, au contraire. Leurs salutations et leurs encouragements m’accueillent partout. Je me débrouille en espagnol, mais j’ai hâte de mieux le parler pour tenir des conversations plus élaborées.

La Baja California du sud m’a semblé très différente de celle du nord, les gens semblent contents et fiers d’y habiter : un monsieur m’a dit que son pays était le plus beau au monde et que je devrais y chercher un mari...

  À La Paz, pour me montrer le chemin, un monsieur m’a guidé à bicyclette à partir de l’ancienne adresse de la société des traversiers jusqu’à leur nouveaux bureaux - nous avons parcouru ensemble le tiers de la ville…

Garder le contact

Pour ce qui est de mon oeil gauche, je suis en train de me résigner à essayer de porter mon verre de contact malgré le fait qu’il ne tient pas bien. Mon problème de conjonctivite semble être aussi permanent qu’avec mes anciens verres de contact. Ces temps-ci, je le porte pour rouler et je l’enlève plus tôt en fin de journée quand je n’ai plus besoin de mes deux yeux pour bien fonctionner.

Bon, je quitte le cybercafé, pour la fête de La Virgen qui est déjà commencée.