Randonnée au Mont-Washington

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Activité: 
Randonnée pédestre

Habitués aux plus populaires montagnes du Québec, nous avions maintenant envie d'attaquer une vraie montagne... à notre mesure. Nous avons porté notre choix sur le célèbre Mont Washington, facilement accessible de Montréal.

L'approche

Photo 1: Le refuge de Pinkham Notch
Photo 1: Le refuge de Pinkham Notch

La première partie du voyage consistait à faire le parcours de Montréal jusqu'aux Montagnes Blanches. En voiture évidemment, pas à pied. Une chambre était réservée pour les quatre membres de notre groupe dans un petit refuge au pied du Mont Washington, le Pinkham Notch.

Le trajet fut plus long que prévu, les petites routes secondaires serpentant entre les collines du New Hampshire étant bien lentes. De plus, après une longue journée de travail et l'estomac vide, nous cherchions en vain sur le trajet une place où manger.

Notre joie fut immense en voyant une enseigne lumineuse aux abords de la ville de St-Johnsbury, Vt.: un Pizza Hut! Pauvre gastronomie, mais nous étions sûrs de ce que nous y trouverions... Ce fut notre première surprise, car fidèle à la tradition américaine, un extra-gras était servi avec chaque portion.

L'estomac plein, et prêt à se vidanger dans un sens ou dans l'autre, nous avons continué notre route, pour enfin atteindre le refuge vers 22h. Cette fois-ci nous avons été agréablement surpris par l'aspect chaleureux et confortable de notre demeure temporaire (photo 1).

Nous avons vite sombré dans un profond sommeil, en rêvant aux beaux panoramas qui s'offriraient à nous demain.

Le départ

Photo 2: Le début du sentier
Photo 2: Le début du sentier

Dès 6h30 nous étions réveillés, et nos estomacs semblaient rétablis du repas de la veille. Temporairement seulement, car nous allions avoir droit au fameux déjeuner américain offert au refuge, toujours avec extra-gras gratuit!

À l'extérieur, les nuages formaient un couvert ininterrompu d'un horizon à l'autre, et quelques brins de pluie faisaient reluire le feuillage des arbres. L'air était frais, sans être froid. Somme toute, de bonnes conditions pour débuter l'ascension. Nos sacs à dos bien sanglés, nous avons mis le pied à la route.

Photo 3: Les chutes
Photo 3: Les chutes

La première partie du sentier était bien agréable, serpentant le long d'une vallée parmi les arbres sur un sol mi-terre, mi-roche (photo 2). La pente montait constamment, mais d'un degré bien acceptable pour se réchauffer. De merveilleuses chutes offraient leur spectacle à 10 minutes du départ, et ce fut suffisant pour nous encourager à continuer (photo 3).

Rapidement, nous avons établi un rythme de marche régulier, et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes...

La croisée des chemins

Photo 4: Limite de la végétation
Photo 4: Limite de la végétation

Après 1h30 de marche, un embranchement nous donnait le choix entre deux voies d'accès au sommet : le fameux Tuckerman's Ravine Trail, fermé à ce moment-là pour risques d'avalanches (eh oui, même le 6 juin!), et le Lion Head Trail.

C'est par là que nous devions aller, et c'est à ce moment que la pente se fit plus abrupte. Le sentier devint rapidement composé exclusivement de gros blocs de roche, et la marche s'était transformée en escalade. Le paysage derrière nous semblait prometteur et nous avions hâte d'arriver plus haut pour profiter d'une meilleure perspective.

2h10 après le départ, un arrêt brusque de la végétation nous indiquait que nous prenions définitivement de l'altitude - mais nos muscles endoloris nous le faisaient savoir déjà depuis un bon moment (photo 4). La pente à ce niveau se fit un peu plus douce, et nous avons finalement atteint la fameuse Tête de Lion environ 2h30 après le départ (photo 5).

À ce niveau, nous nous trouvions en plein coeur d'un nuage des plus épais. Les vents soufflaient en rafale, risquant à tout moment de nous emporter, et la visibilité était réduite, sans exagérer, à environ 5 mètres (la photo 5 a été prise au retour, lors d'une éclaircie).

Photo 5: La tête du Lion
Photo 5: La tête du Lion

Mylène et moi, séparés déjà depuis une bonne heure de mon frère et sa femme, Stéphane et Nathalie, nous nous sentions bien seuls et exposés sur cette petite crête, et nous avons bien failli rebrousser chemin, craignant l'égarement. Très peu d'autres marcheurs étaient présents à ce moment sur le sentier, et pendant les dix minutes où nous avons attendu en vain que mon frère nous rattrape, nous n'avons vu personne d'autre.

Prenant notre courage à deux mains, nous avons finalement pressé le pas en direction du sommet. Ici, la voie à suivre est marquée par des cairns (amoncellements de pierres) espacés de 10 à 20 mètres chacun, ce qui rendait la navigation plutôt hasardeuse, si l'on se souvient que la visibilité se limitait à 5 mètres. À quelques reprises nous dûmes explorer différentes directions avant de trouver la bonne. Un autre marcheur, accompagné de ses deux chiens magnifiques, nous a finalement rattrapés et guidés sur une courte distance, étant lui-même un habitué. Mais bien vite nous nous sommes retrouvés seuls à nouveau.

Perdus...

Après avoir parcouru la crête sur toute sa longueur sans prendre vraiment d'altitude, nous sommes arrivés au pied de la pente finale menant au sommet. Cette dernière partie de la montée était manifestement la plus difficile, car nous devions prendre appui sur de gros rochers rendus glissants par la bruine.

La visibilité ne s'étant pas améliorée, ce qui devait arriver arriva - nous nous sommes égarés. Heureusement, il était clair que nous devions monter et non descendre, et c'est ce que nous avons fait, en ligne droite.

Après un long moment, des bruits étranges ont émané du brouillard au-dessus de nous. Comme un grondement sourd - le tonnerre? Eh non, rien d'autre qu'un camion! Pas trop romantique au sommet d'une montagne, mais combien bienvenu pour des grimpeurs égarés comme nous!

En suivant le son de l'engin, nous avons rejoint le sommet en toute sécurité, et nous étions rassurés et fiers de notre succès. Il était 11h40 et la montée avait pris 4h05.

Nous parcourions la dernière distance nous séparant du refuge du sommet à quelques mètres devant, au moment où un sifflement strident d'une intensité incroyable se fit entendre, semblant provenir de toutes les directions en même temps à travers le brouillard. Croyant à l'arrivée d'un missile ou quelque autre calamité, nous avons bientôt réalisé qu'il s'agissait du sifflet du train de touristes qui se rend en haut de la montagne, et qui s'apprêtait à repartir...

Le sommet

Après une dénivellation de 1280 mètres depuis notre point de départ, le sommet se trouve à 1914 mètres au-dessus du niveau de la mer. Étant le point le plus haut du Nord-Est des États-Unis, c'est un site idéal pour héberger une station de recherche météorologique. Un restaurant pour les touristes venus par voiture ou train s'y trouve également.

Un panorama extraordinaire peut s'offrir à la vue des chanceux qui bénéficient d'un temps dégagé - ce qui se produit semble-t-il à peine 15 jours par année. C'est donc dans le brouillard épais décrit plus haut que Mylène et moi avons fait une pause pour manger et attendre les deux autres marcheurs du groupe. Ils nous ont rejoints cinquante minutes plus tard, et eux ne s'étaient pas égarés.

Des données météo disponibles au sommet indiquaient des vents de 70 km/h, avec des rafales atteignant 139 km/h. La température était de 7 ºC. Les conditions, surtout en hiver, sont parfois si mauvaises que certains bâtiments sont arrimés au sol par de grosses chaînes.

Le retour

Photo 6: La tête du Lion
Photo 6: La tête du Lion

Vers 13h45, nous avons entrepris la descente, mais avec un membre en moins, Nathalie ayant opté pour la navette de touristes. Ce service est offert de façon sporadique, et il ne faut pas s'y fier pour redescendre si l'on a l'intention de grimper; il faut toujours être certain d'avoir la force de redescendre à pied.

Après 40 minutes, à notre grande satisfaction, les conditions de visibilité se sont grandement améliorées et nous avons pu entrevoir le merveilleux paysage environnant (photos 6 et 7).

Ce qui nous a frappé le plus, c'est à quel point nous marchions près du ravin sur la crête supérieure, au-dessus d'un grand vide d'au moins 600 mètres.

Photo 7: La tête du Lion
Photo 7: La tête du Lion

Le reste de la descente se déroula sans encombre, et nous devions constamment rester concentrés pour ne pas perdre pied sur les pierres innombrables, rendues glissante par la pluie (photo 8). Muscles et tendons nous priaient d'arrêter la marche, mais nous avons finalement aperçu le camp 3h15 après l'amorce de la descente. Il était 17h00, et ma belle-soeur nous y attendait déjà confortablement depuis 14h45.

Photo 8: La descente
Photo 8: La descente

Au total, la randonnée aura duré 7h30, en excluant la longue pause au sommet. Fiers de notre exploit, nous avons festoyé dans un petit restaurant non loin de là, pour enfin sombrer dans un sommeil noir et profond.

La routine de la vie quotidienne nous attendait malheureusement deux jours plus tard... jusqu'à la prochaine aventure!

Commentaires

Bonjour,

Nous voulons aller faire la randonnée au Mont Washington, le 18, 19 mai et nous voulons louer des cabins. Pouvez-vous me dire si au Pinkham Noth s'il y en a, ou qu'elle est la meilleure place pour ce loger? Merci!

Il y a un centre d'hébergement au Pinkham Notch de style "auberge de jeunesse", très confortable et agréable.

Allez sur http://www.outdoors.org/lodging/whitemountains/pinkham/ pour plus d'infos et pour vérifier les disponibilités. Bon voyage, et revenez nous donner vos commentaires!

Bonjour,

Plus précisément, quel était le nom de votre Lodge s'il vous plait?

L'auberge dont parle l'article était le Joe Dodge Lodge.

nous allons être au Joe Dodge Lodge le 18-19-20 mai nous voulons faire la ravine trail et revenir par la lion head est-ce-que la température le permet au mois de mai et avons-nous besoin de crampons ou de bonne botte de marche sont suffisante si vous avez des infos ou des trucs c'est le bienvenue.
merci

Richard,

l'idéal est de consulter notre page sur le Mont-Washington, où vous trouverez des liens à divers sites d'information sur la météo et les conditions actuelles.

Magnifique! D'après-vous quel est le meilleur temps de l'été pour en faire l'ascension?
Il y a-t-il un guide pratique de ce que ns avons de besoin? Genre vêtements, bouffe, etc...
Merci et félicitation pour votre belle expérience.

J'ai souvent entendu parler du Mont Washington et j'en rêve. J'habite tout près du mont Saint Sauveur et j'ai commencé mes débuts dans ce bien modeste mont si on le compare au mont Washington. Cette été je suis allé 5 fois au Mont tremblant et la dernière fois nous avons étiré notre trajet sur le dessus de la montagne de presque 3 heures. Donc 2 heures pour monter, 2 heures de descente et 3 heures à monter et descendre sur le dessus de la montagne, ça donne comme 7 heures en montagne et disons que le dernière heure a été pénible, la destination semblait vraiment longue

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